Petit moineau deviendra grand |
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Texte : Philippe SCHAEFFER |
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5 heures du mat jai des frissons, je claque des dents et je monte le son non, pardon le Markstein ! Voler, voler 5 jours dans les Alpes çà va être le pied. Perception du paquetage ; cest quoi cette voile ? Epsilon 2 ? Non mais ils ne vont pas me faire voler avec une aile que je nai même pas essayé ½ heure sur une pente école ? Ben si ! Et çà dans la poche de la sellette, cest quoi ? Un secours mais ils sont fous, je suis censé voler, pas tomber ! Et puis en plus comment çà marche ? AU SECOURS, je veux rentrer chez ma maaaaman. Bon enfin, jai signé, faut assumer ! Départ pour Mieussy Cinq heures après on arrive ; attends, il ny a que des montagnes et des falaises ici où elles sont les gentilles collines pour décoller ah bon, yapa ? ! Mais quest ce que je suis venu faire ici ? Lundi
matin - premier vol :
Les Saix, 800 m de dénivelé, minibus au déco, 2 minutes de marche. Cool ! Cest pour la mise en jambes. Peur et bonheur mélangés. Gonflage (un peu de travers), je redresse, un peu de frein et les pieds quittent le sol. Gentil plouf de 20 minutes. Christophe et Marc nous avaient prévenu « ce vol cest juste pour vous voir décoller, voler (un peu) et atterrir en PTU. Radio muette, on vous laisse faire sauf si çà merde de trop ». Debriefing on sen prend plein la tête chacun a son tour ! « Cest quoi ce déco » « Tas jamais entendu parler gonflage, incidence, cap » « et latterro ? jai rien compris à ton plan de vol » « une PTU, cest vent arrière, étape de base et finale vent de face. Cest carré, cest comme çà et je ne veux rien voir dautre. Faut se décider et être précis ». Christophe (Lidy), tu fais chier, je te hais ! et pourtant tu as raison sur tous les points (comment il fait ce mec pour voir aussi vite et clairement ce qui ne va pas ?). Un seul vol et déjà plein de conseils partagés et emmagasinés (il râle le Christophe mais cest pas pour nous descendre mais parce quil a envie de nous apprendre des choses). Changement
de lieu - Mieussy : La Mecque des parapentistes, la terre sainte où tout parapentiste se doit davoir été au moins une fois dans sa vie ! Mon tapis volant sur le dos, je grimpe, je grimpe, je grimpe. P cest haut et loin. Le sentier couvert du goudron que je crache au fur et à mesure que javance. Gauloise Ultra Légère je te hais ! Vais-je arriver vivant là haut ? Et tout dun coup, le sommet. Cest beau, magique ; comme des milliers avant moi, je suis fasciné (en plus dêtre essoufflé !). 1000 m de dénivelé sous les pieds. Gonflage, belle voile, incidence, cap (jai retenu la leçon !) et hop. Je vole, je suis un oiseau, je suis le maître du monde ! Eh Philippe, tu te calme, cest le manque doxygène qui te monte au cerveau ? Bon Dieu que cest bon, çà descend, çà remonte encore plus, longues minutes à faire du soaring sur la falaise. Ce nest pas une voile que jai, cest des ailes (et pourtant je ne suis pas un ange). 360 serrés, pour la première fois, jai limpression de ne faire quun avec mon aile. Epsilon 2 je taime ! Vol inoubliable pour le jeune moineau en apprentissage que je suis Et pourtant çà finit par descendre jusquau sol, faut se poser et descendre de son nuage. Encore une PTU, jolie celle là le métier rentre. Les
vols se suivent... et ne se ressemblent pas. Chaque fois des découvertes, des nouveaux essais, chaque fois un nouveau plaisir. Et toujours Christophe et Marc dans la radio « P mais vas-y, test dedans, tourne à droite, enroule ! Mais tu vas tourner ou quoi, plus que çà » ou au debriefing après chaque vol. Ils voient vraiment tout ces deux, ce quil fallait faire et ne pas faire, ce quil faut faire pour corriger les défauts. Pas un vol qui ne sert à rien soif dapprendre, toujours apprendre : avant, pendant et après le vol. Et ils sont toujours partant pour partager ce quils savent. Technique de vol, météo, aérologie, tout. Quils soient à Breit ou dans les Alpes jaime les gens enthousiastes qui nous font partager leur passion. Plateau dAssy, La Bourgeoise (dénivelé 1200 m), Refuge de Varen . 11 vols, 8 décos et 9 atterro différents en 5 jours (dont 1 pourri-mouillé). Apprendre à décoller avec 3 m de chaque coté de laile (oui çà passe sans problème quand on se concentre sur ce quon fait). Ou sur une pente où on a juste la place de poser son aile, qui a 45-50 degrés et quon ne voit quen se penchant loin en avant. Cest là quon mesure les progrès (faire ce quon naurait jamais fait 5 jours avant, même la Kalachnikov dans le dos !). PTU, PTS PTL, se poser à deux de front en même temps. Vivre 5 jours avec et pour le parapente sans penser à autre chose que voler, progresser et se faire plaisir jusquà plus soif (mais est ce que çà existe ne plus avoir soif ?) et le soir venu, tchacher en mangeant une bonne fondue, boire et rigoler.
Merci à tous le jour où je tiendrais 4 heures en lair à faire des wagas denfer ou des 360 à me mettre tout le sang dans les pieds, ce sera grâce à vous. Merci à tous même si mes bonsaï vous maudissent parce quils sont un peu délaissés depuis que jai découvert le parapente. Alors si vous avez loccasion nhésitez pas ! Prenez du plaisir pendant un stage dans les Alpes (ou ailleurs), on nen revient que plus heureux de voler mieux à Breit jusquà la semaine suivante en Corse, en Italie ou sur la lune ! |
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Texte : Philippe
SCHAEFFER |