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Je
sais pas pour vous mais moi, depuis mes débuts en parapente, il y a 7
ans, j'ai toujours eu l'envie de survoler le coin où j'habite (Obernai et
ses environs). Mes
multiples tas (traduisez par un vol balistique où rien ne monte et
surtout pas le moral du pilote quand il est posé et voit Marc 'Oya au
plafond depuis une heure) et la CTR de Strasbourg-Entzheim (traduisez par
la zone finale de l'aéroport qui prend la succession de la TMA vers
Strasbourg et où l'on ne doit pas s'aventurer) m'ont ramené à la dure réalité,
je ne volerai jamais dans ce coin. La
bonne nouvelle de la fermeture de l'aéroport réveille cette idée.
Cigarettes au bec, cartes au 25/000 et mètre de couturière, j'échafaude
mes plans plusieurs soirs de suite. Il
ne faut pas être champion du monde ou vainqueur du challenge national FFP
de Breit pour faire ce vol de 17 km, mais, il y a entre le Howald et le
Mont Ste Odile, 7 kilomètres de forêt sans atterrissage possible. Pour
assurer le coup, il est préférable, avec la finesse de 8 de mon aile, d'être
poussé par un bon vent de sud-ouest et de prendre au moins 1000 mètres
de gain. Je
prends une semaine de congés en juillet uniquement pour ce vol. Lundi
ça vole pas du tout, je fais du VTT. De mardi à jeudi ça vole mais pas
à breit because le vent orienté nord. La semaine s'annonce mal. Vendredi
j'arrive sur le déco de breit avec CHRISTIAN et un autre pilote. Le vent
est toujours nord-ouest. Pas bon pour voler en direction du nord-est tout
ça. Pas
le temps de serrer la main de Marc'Oya qu'il a déjà décollé dans une
bonne brise de face. Il zérote dans le ciel bleu, trouve un bon thermique
sur la gauche du décollage qui l'amène au plafond et transite vent de
cul vers le sud-est. Juste
après y a plus de brise de face, et plus de soleil non plus car les
nuages se forment derrière le décollage et stagnent sur la vallée. Un
gars en Oméga 4 décolle, suivi de Denis, pour un tas. Comme
les conditions ne sont plus bonnes depuis le décollage de Marc, on attend
avec Christian, équipés, les bras en croix et les élévateurs dans les
pognes. Après
une heure, j'en ai marre. Quitte à faire un tas, autant ne pas attendre. Logiquement
mon vario m'annonce que nous entamons une descente de 3 mètres par
seconde de vol et que nous ne tarderons pas (mon vario et moi) à
retrouver la quiétude de l'atterrissage. J'essaie
par hasard la pompe à couillon du mamelon. Subitement mon vario m'indique
par un affichage tout noir qu'il a trop de travail pour mesurer la vitesse
ascensionnelle de notre équipage, et nous nous retrouvons à 1400 m en un
rien de temps. Le
vol vers le Ste Odile se passe sans problème : ça n'avance pas vite avec
ce vent presque face mais je ne perds absolument pas d'altitude. Il y a
comme une énorme confluence entre le nord-ouest des Vosges et le vent de
nord-est qui souffle au-dessus de la plaine d'Alsace. Passé
le couvent, les thermiques sont absents et ça n'avance presque plus avec
ce foutu vent de nord-est. Bon,
je laisse tomber Obernai à 7 km, et je vise la maison familiale plus
proche à Bernardswiller que je loupe pour
200 m. Allô
FRANCOISE (c'est ma femme). Je viens de faire un cross et je suis posé à
coté d'Obernai. Tu peux me chercher en voiture ?
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Copyright © Grand Vol - Dernière mise à jour : 23/09/2003 |