Sommaire Carnet de Vols Décembre 1999
Extrait de Carnet de Vols (Septembre 2000)
Bulletin de liaison des membres de l'association et de l'école de parapente Grand Vol

Mon vol de dans 7 ans

Auteur : Eric LEROUX

Je sais pas pour vous mais moi, depuis mes débuts en parapente, il y a 7 ans, j'ai toujours eu l'envie de survoler le coin où j'habite (Obernai et ses environs).

Mes multiples tas (traduisez par un vol balistique où rien ne monte et surtout pas le moral du pilote quand il est posé et voit Marc 'Oya au plafond depuis une heure) et la CTR de Strasbourg-Entzheim (traduisez par la zone finale de l'aéroport qui prend la succession de la TMA vers Strasbourg et où l'on ne doit pas s'aventurer) m'ont ramené à la dure réalité, je ne volerai jamais dans ce coin.

La bonne nouvelle de la fermeture de l'aéroport réveille cette idée. Cigarettes au bec, cartes au 25/000 et mètre de couturière, j'échafaude mes plans plusieurs soirs de suite.

Il ne faut pas être champion du monde ou vainqueur du challenge national FFP de Breit pour faire ce vol de 17 km, mais, il y a entre le Howald et le Mont Ste Odile, 7 kilomètres de forêt sans atterrissage possible. Pour assurer le coup, il est préférable, avec la finesse de 8 de mon aile, d'être poussé par un bon vent de sud-ouest et de prendre au moins 1000 mètres de gain.

Je prends une semaine de congés en juillet uniquement pour ce vol.

 Lundi ça vole pas du tout, je fais du VTT. De mardi à jeudi ça vole mais pas à breit because le vent orienté nord. La semaine s'annonce mal. Vendredi j'arrive sur le déco de breit avec CHRISTIAN et un autre pilote. Le vent est toujours nord-ouest. Pas bon pour voler en direction du nord-est tout ça.

 Pas le temps de serrer la main de Marc'Oya qu'il a déjà décollé dans une bonne brise de face. Il zérote dans le ciel bleu, trouve un bon thermique sur la gauche du décollage qui l'amène au plafond et transite vent de cul vers le sud-est.

Juste après y a plus de brise de face, et plus de soleil non plus car les nuages se forment derrière le décollage et stagnent sur la vallée.

Un gars en Oméga 4 décolle, suivi de Denis, pour un tas.

Comme les conditions ne sont plus bonnes depuis le décollage de Marc, on attend avec Christian, équipés, les bras en croix et les élévateurs dans les pognes.

Après une heure, j'en ai marre. Quitte à faire un tas, autant ne pas attendre.

Logiquement mon vario m'annonce que nous entamons une descente de 3 mètres par seconde de vol et que nous ne tarderons pas (mon vario et moi) à retrouver la quiétude de l'atterrissage.

J'essaie par hasard la pompe à couillon du mamelon. Subitement mon vario m'indique par un affichage tout noir qu'il a trop de travail pour mesurer la vitesse ascensionnelle de notre équipage, et nous nous retrouvons à 1400 m en un rien de temps.

Le vol vers le Ste Odile se passe sans problème : ça n'avance pas vite avec ce vent presque face mais je ne perds absolument pas d'altitude. Il y a comme une énorme confluence entre le nord-ouest des Vosges et le vent de nord-est qui souffle au-dessus de la plaine d'Alsace.

Passé le couvent, les thermiques sont absents et ça n'avance presque plus avec ce foutu vent de nord-est.

Bon, je laisse tomber Obernai à 7 km, et je vise la maison familiale plus proche à Bernardswiller que je loupe pour …200 m.

 Allô FRANCOISE (c'est ma femme). Je viens de faire un cross et je suis posé à coté d'Obernai. Tu peux me chercher en voiture ? 
Ah ??? tu es à Breit. ?? ... avec la petite ? ... pour qu'elle voit papa voler...

Copyright © Grand Vol - Dernière mise à jour : 23/09/2003