Sommaire Carnet de Vols Décembre 1999
Extrait de Carnet de Vols (Décembre 2002)
Bulletin de liaison des membres de l'association et de l'école de parapente Grand Vol

A propos des acrobates

Auteur : Florent EPAUD

Vous avez sans doute vu à Breit plusieurs de ces fous volants qui font tourner leur aile dans tous les sens, jusqu'au sol. Vous avez aussi entendu les conversations s'arrêter, les yeux s'écarquiller. Et une fois posés, les réflexions du genre « On devrait leur interdire de faire ça, ils sont complètement inconscients ». Ces pilotes s'appellent Christophe, Luc, Olivier, Dany, Serge, Yann. Si je les connais bien, si je vole souvent avec eux, pourtant je ne pratique aucune figure extrême, mais j'ai quand même quelque chose à dire à leur sujet.

Ceux qui pratiquent l'acrobatie le font en toute connaissance des risques. Ne vous méprenez pas : Ce sont des pilotes expérimentés et ils maîtrisent parfaitement ce qu'ils font. Personne ne vole pour le plaisir de risquer sa peau ! Si en voiture un jeune conducteur devient vite grisé par la vitesse, il devient alors vite dangereux pour lui et pour les autres. Je ne pense pas qu'il en soit de même avec le parapente. En pratiquant l'acrobatie chaque pilote est responsable de lui même et doit connaître ses propres limites. Tout le monde a un jour essayé les 3-6,  les waggas, et chacun s'est arrêté à son niveau. En vol , la peur est en général bonne conseillère !

Interdire ce genre de pratique ? Pourquoi ? Si la question « Faut-il interdire le parapente ? » se posait dans un débat public, l'avis majoritaire serait sans doute « oui, car c'est un sport de fous, une activité dangereuse pratiquée par des irresponsables ». Et pourtant, nous les volants, nous savons que c'est faux ! Vis-à-vis de l'acrobatie, certains ont la même réaction et c'est dommage. Parlez donc avec un de ces pilotes et vous verrez que l'acro n'est pas une activité de kamikase. C'est une discipline à part entière du parapente, qui ne s'improvise pas, et demande beaucoup d'entraînement (et au passage de bonnes suspentes...). Elle procure également pour ceux qui la pratiquent des sensations extrêmes que l'on ne retrouve pas dans le vol traditionnel. Alors pourquoi ne pas juste apprécier de regarder ces arabesques qui sont souvent très belles ?

Je crois que le danger vient plutôt de la banalisation des termes employés et de l'apparente facilité à réaliser ces figures. Un débutant alsacien (30 vols) s'est brisé le dos à Annecy cet été parce qu'il n'a pas été capable de sortir d'un 360, après être sorti d'une SAT réussie !

A méditer !