Stage itinérant de septembre avec Gérald
ou Petite Balade dans le Sud

Version 1 (MWA) - Version 2 (Daniel Bolchert)

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Version 1

Depuis un mois, je bénis la France, Pays de Liberté et de Culture qui permet à ses enfants de grandir dans la Science et les Arts.
Je bénis particulièrement le Ministère de l'Education National pour avoir mis au point ces étonnantes filières que sont les IUT.
Il s'avère que dans leur clairvoyance, les édiles de ce pays ont su déterminer que le 1er Septembre était précisément LA date de rentrée qui favorisait la réussite de nos futurs scientifiques, futurs informaticiens et ciennes et autre futur payeurs et  yeuses de nos peut -être futures retraites.
Je bénis aussi l'année 1986 qui vit un couple de scientifiques célèbres*(1) dans le monde du vol libre, élaborer un fils qui allait contre toute attente embrasser une carrière d'iutécien.
Je bénis enfin le 1 septembre 2004 lorsque fier et conquerrant ce fils*(2) fut contraint de suivre le chemin du labeur studieux qui le mènera aux lauriers de la gloire et d’indépendance financière*(3), libérant  ipso facto sa place dans le stage de la fée  Delorme, qui lui était  réservée depuis sa naissance.

Moi.... heu mwa, mécréant de basse condition  je pus ainsi rejoindre un stage itinérant *(3bis) du célébrissime Gérald *(4), intégrant de fait  le gratin du gratin du parapente mondial : le célèbre G.H.N. *(5)

Si vous avez suivi, vous aurez saisi que je suis extrêmement content d'avoir participé à ce stage. Donc je vous le dis : "Je suis extrêmement content d'avoir participé à ce stage !!"

Le récit qui va suivre est maintenant destiné à vous faire des dents longues jusqu'à parterre.

Lundi matin : retrouvailles émouvantes d'un groupe de vieux potes parapentistes qui tombent dans les bras les uns des autres sous les yeux légèrement angoissés des "nouveaux" *( 5 ter),  chargement de la camionnette qui pendant une semaine nous servira de loft. Très rapidement, l'entassement de voiles, de sacs, sachets, casse-croûtes et autre boites à bonbons et à cochonneries archi chimique, made in Haribo, nous donne un petit look mi "grand voyageur", mi-gitan. ( vous avez quelques chose contre les gitans mon bon monsieur??)
Départ vers le Mont Aiguille: après 0.3km Delorme dégaine la première vanne     3.7 Km  on rigole comme des baleines     6.9km Pascal prend la relève     9.4km  on pisse dans notre froc et on entame les Haribo caoutchoutés de Daniel     13.3Km  Nicolas le chauffeur renchérit (N’GOLO  .........revient!!!!)        17.5 km c'est le délire, on est en transes      21.3Km On  se connaît depuis 10 ans au moins et on part vers l'aventure  avec un grand A  .  
A partir de H + 15mn on a vécu une ambiance d'enfer pendant 5 jours à osciller entre le fou rire, les blagues, l'émotion de la camaraderie, les sandwichs au comté et au cornichon, l'euphorie des vols, les Sugus au citron et les rêveries liées aux endorphines injectées par les cross.   Le grand Panard.

Premier vol à Gresse en Vercors, premier cross de 20km pour Michel Maurice Guy et Gérald. Déco du Pas du Serpaton 1500m   Prise d'altitude à 1900-2000m pour transiter vers "les Deux Soeurs", d'impressionnantes colonnes rocheuses de 400m de hauteur qui brisent la ligne de falaise de la partie sud du plateau du Vercors. Atterro un peu prématuré après 10km pour Claudine, Catherine, Pascal et Mwa sous le col de l'Arzelier et promenade un peu mouvementée pour les autres vers le Nord en longeant des falaises de 300 à 400 m.
 

Nico le chauffeur nous retrouve ou que l'on pose pour peu qu'on le joigne à la radio et qu'on lui décrive la hauteur du clocher d'en face ou la couleur des vaches dans le pré d'à côté.
La radio reste notre cordon ombilical, d'où l'intérêt de se pourvoir de moult batterie et d'antenne de rechange.

On charge la bétaillère, on repart en se racontant les premières impressions de vol, en mâchouillant des casse-croûtes semi écrabouillés et en se fendant la pèche aux histoires de Pascal, Nico et Gérald.
Direction La Mure, puis Le Coirot qui nous permet un vol de 3/4 d'heure en thermodynamique à l'occasion d'une éclaircie

Et enfin, vol de nuit à Aspre :   toute la smala est en l'air en 12mn30 chronos, petit soaring le long de la petite falaise sommitale puis lente glissade dans la pénombre du soir ou les premiers arrivés marquent le terrain avec l'intrados des voiles. On pose dans du velours, HEUREUX .
Récupération camionnette, arrivée dans un gîte vers 21h 15   on arrive  juste un peu en retard, on raconte au Père  Aubergiste qu'on a été pris dans des embouteillages monstres, qu'on a crevé 3 pneus sur les chicanes d'un barrage établit par le G.I.G.N. Pas méchant, il nous sert une soupe de choux et d'orties.  On bâfre le repas dans une rigolade générale, puis on s'écroule vaincu par une  tisane de verveine et d'aspérule.   Dodo .......Bonheur

Les jours suivants, on se promène selon le vent et le soleil entre Laragne, Sisteron, Gap, le lac de Serre Ponçon, Embrun, Chabanon, le col Bas, Dormillouse, le Morgon. Ces noms qui évoquent les vacances et le Sud  commencent à nous parler de vol, de thermique, de plafond, de transition.
Chaque jour nous permet de nouveaux vols  parfois des conditions un peu plus rock en roll, quelques gros nuages pour s'entraîner à descendre, d'autres pour nous permettre  de monter aux limites du ciel pour .............partir, partir enfin.... , suivre le vent et un point au-delà d'une crête ou d'une vallée. Et  approcher cette sensation magique où nos ailes deviennent compagnonnes de voyage avec l'impression que plus rien ne les empêchera de descendre des cieux.
Les vols s'accumulent, magiques et parfois mouvementés, les premières distances 17 km...22 km.....24 Km  et enfin la barre des 50 Km et des 3000 mètres d'altitude, c'est dingue, un vario qui chante dans le vent, les montagnes et les paysages défilent, on est plus tout à fait sur terre. On rêve tout éveillé.  C'est super.   Ces moments tant attendus dans notre petite vie de parapentiste qui se conjuguent pour nous donner l'impression de flotter 5 cm au-dessus du sol une fois posés et nous font passer pour de gentils cinglés au commun des mortels.

Tout ça on l'a vécu, et ça nous fera du carburant pour passer l'hiver avec un grand sourire.


Et une fois de plus on passera pour des tarés à sourire béatement sous la pluie, la neige le brouillard et la bise. C'est vrai qu'ils sont bizarres ces gens ma brave dame ...  si si  et en plus ils marchent dans la rue  le nez en l'air    ....... ils semblent immatures, pas sérieux     anormaux je vous dit   ....  ils parlent aux nuages  si si ,  je vous assure     ..... ils  ont des petits soleils dans la tête, de vrais gamins.    En fait il faut s'en méfier faite comme si vous ne les voyez pas .........  ne vous retournez pas .......     si si ils sourient encore    
 
 
*(1) Catherine et Guy
*(2) Benoît
*(3) Pas sûr
*(3bis)du 13au 17 Septembre
*(4) prénom de la fée Delorme
*(5) Guy et Catherine Ravanat, Daniel Bolchert, Pascal Thal, Maurice et Claudine Despland, Benoît Rav   heu non...Mwa
*(5ter) Mwa et Pascal

Version 2

Cinq membres de Grand Vol (Catherine, Guy, Christian, Pascal et moi) avons eu, avec encore deux non "Grand Voliens" (Claudine et Maurice, des habitués), la chance et la joie de participer à un stage itinérant managé par Gérald (il s'agit évidemment du seul et unique Gérald Delorme, personnage incontournable dans le monde très particulier du parapente). Les quelques inquiétudes de Pascal avant le stage quant à quelques éventuelles insuffisances techniques ou autres ont vite été balayées par la fougue communicative de notre moniteur qui sait parfaitement faire avec tous les défauts, toutes les tares existantes et à découvrir de parapentistes en activité ou à naître. J'en veux pour preuve que Gérald me supporte depuis 1993 et je ne pense pas qu'il prenne des calmants quand il me voit sur la liste de ses prochains "blaireaux".

Nous voilà donc prêts à sillonner le ciel entre Grenoble et Saint André. Je ne vous décrirai pas chaque vol, histoire de ne pas vous rendre jaloux, mais je peux affirmer que chacun en a eu pour son compte, même si, contrairement à l'habitude, la météo n'a pas été des plus favorables. Un jour il a plu; si, si, avec des nuages et des gouttes d'eau qui tombent et qui mouillent et certains ont volé sans être trempés à l'arrivée avec d'un côté l'envie de ne pas descendre et de l'autre la crainte de monter dans les nuages qui étaient au niveau du déco et qui aspiraient désagréablement. Cela fait une marge de manœuvre plutôt réduite. D'autres jours le vent était limite ce qui fait que dans le bon sens on volait à 50-60 km/h et pour poser, il n'y avait plus besoin de courir mais de se dépêcher pour affaler la voile. N'oublions pas que pendant les transitions dans le camion, le temps n'était pas perdu, car Gérald, en dehors de ses explications techniques argumentées par moultes exemples extraits du vécu, est une source intarissable de blagues. Notre chauffeur Nicolas en a sorti un paquet aussi, et dans un moment de relative accalmie, c'est Pascal qui comblait les trous. Il y en avait pour tous les goûts. Les gîtes étaient accueillants et sympas si bien que les flots d'histoires drôles ne cessaient que (très) tard le soir. Vous connaissez Guy, il y a des matins il avait vraiment du mal à émerger. Du côté problèmes techniques pas grand chose à signaler, à part peut-être la radio de Christian. Une fois c'était la panne d'accus, une autre il n'était pas sur la bonne fréquence, et encore parfois c'était lui qui ne voulait pas répondre. Combien de fois avons-nous entendu "Christian, si t'es content, bouge les jambes". Suivait un vague mouvement des pieds et aussi sec la réplique "t'es pas plus content que ça ?". Et là les jambes bougeaient nettement mieux. Pour changer des navettes habituelles, la montée au déco de Chabanon s'est faite une fois en télésiège mis en route exprès pour nous et une fois dans un 4x4 aimablement prêté par un moniteur du coin. A six "dedans" et trois sur la plateforme avec les voiles, je ne vous raconte pas l'expédition.

Bref, ce fut un stage très agréable avec des vols dont certains resteront longtemps le souvenir d'une expérience magnifique. Et je ne peux pas m'empêcher de vous parler du dernier, du côté de Dormillouse. Décollage à 2250 m au Col Bas. Aller retour jusqu'à la tête de l'Estrop avec des plafonds à plus de 3300 m et du +8,3 sur les varios de Guy et Gérald. Traversée du 1er bras du lac de Serre Ponçon, plafond à plus de 3000 m au-dessus du Morgon, traversée de l'axe principal du lac avec 2000m entre la surface de l'eau et nos chaussures. Ceux qui faisaient du Kite sur le lac nous offraient un spectacle exceptionnel. Remontée au sommet du Guillaume et posé sur un terrain de Rugby à Embrun. Pendant le pliage des voiles un petit monsieur "bien charpenté" est venu nous demander gentiment (heureusement d'ailleurs car en fait c'était l'entraîneur de l'équipe locale) de libérer le terrain car il y avait entraînement. Pas rancunier, il nous a expliqué comment y arriver par la route (il faut tourner à gauche au restaurant "la truite qui parle") ce qui nous a fait gagner du temps pour la navette car on rentrait dans la foulée à Chambéry. Le seul problème, "si on veut remettre ça", c'est qu'il faut arriver à s'inscrire au stage avant la sortie officielle des dates et harceler les écoles à partir de janvier parce que dans ce cas, Gérald ne peut rien pour nous.