WEEK-END DE PAQUES DANS LES ALPESRECIT D'UNE AVENTURE VECUE OU L'ON PARLE DE MONTAGNES, DE VOLS, D'INDIENS ET DE CHEVRE... |
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Vendredi 25 mars, un timide soleil de printemps illumine le lac d'Annecy. Onze heures trente du matin, après quelques centaines de kilomètres, je coupe le moteur et tout redevient silencieux. Je sors de la voiture, scrute le petit parking de l'atterrissage de Péroix, puis le ciel. Des ailes sont déjà en l'air, mais les autres ne sont pas encore arrivés. L'attente n'est pas longue : les autres voitures se garent, une à une, dans les minutes qui suivent. Retrouvailles, embrassades, éclats de rire, l'excitation des vols à venir est palpable. Les derniers pilotes n'arriveront que ce soir mais le groupe est déjà presque complet. Le week-end de Pâques de Grand Vol dans les Alpes vient de commencer !
Les regards sont braqués sur le déco de Planfait, là-haut, au-dessus de la falaise. Des ailes décollent. Ca vole. L'hésitation est de courte durée. On y va. C'est parti! On monte, on vole, on remonte, on revole, et encore... Le temps est superbe. La vue sur le lac et les montagnes qui le bordent est magnifique. L'aérologie ne permet pas de rester longtemps en l'air; peu importe, les objectifs sont modestes: beaucoup font leur premier vol de la saison ou découvrent le site. Les vols s'enchaînent. Tout le monde est ravi. Malgré la fatigue du voyage et des vols, les sourires illuminent les visages lorsque tout le monde se réunit à la terrasse du bar pour le débriefing du soir. Dîner à la pizzeria, nuit au gîte, et nous sommes d'attaque le lendemain matin pour une nouvelle journée de vol. Le temps est maussade mais les prévisions alarmistes des jours précédents s'améliorent. Nous y croyons, et la météo semble exaucer nos vœux lorsqu'aux gouttes du petit matin succèdent les premières trouées de ciel bleu! Nous mettons le cap sur Montlambert, le site du club des indiens. Justement, nous les trouvons en plein nettoyage de leur site les indiens. On se sert la main, on discute, on sympathise, on plaisante, on vole, on remonte, on rediscute... les indiens, qui ne sont jamais pris au dépourvu, sortent l'apéro, l'ambiance devient très conviviale. Les vols s'enchaînent jusqu'en fin d'après-midi, lorsque le site finira par se retrouver sous le vent. Mais les indiens n'entendent pas en rester là: il nous font une belle démonstration de leur formidable sens de l'hospitalité en nous invitant, le soir même, a un grand barbecue!
Le soir venu, tout le monde se retrouve à Cruet, au local des indiens de Montlambert. Grand Vol a apporté l'apéro, les indiens ont préparé le repas: grillades, salade, fromage, dessert... et surtout la "chèvre", leur breuvage secret, tiré d'un fût à pression, qui laissera à certains un souvenir ému! L'accueil des indiens est formidable! J'apprends ce soir là une très belle leçon d'hospitalité, qui pourrait se résumer par "tu voles, je vole, tu es mon ami, viens t'asseoir à ma table et partager mon repas". Nous sommes tous émerveillés par tant d'amitié et de générosité!
Le réveil du lendemain est difficile: mines défaites et petits yeux, à l'heure du petit déjeuner les séquelles de la soirée chez les indiens se lisent encore sur les visages! Heureusement, Katia a prévu les chocolats de Pâques pour tout le monde et le moral revient au beau fixe! La météo, par contre, est incertaine mais pas assez mauvaise tout de même pour nous empêcher de mettre le cap sur Saint-Hilaire. Comme la veille, la pluie s'arrête; comme la veille, les taches de ciel bleu se multiplient. Arrivés au déco du chalet, les conditions sont bonnes, si ce n'est quelques lambeaux de nuage qui bloquent la visibilité en sortie de décollage mais qui se dissiperont très vite. Malgré quelques gouttes de pluie, le soleil l'emporte largement et les vols s'enchaînent tout au long de la journée. Des vols splendides, dans un cadre grandiose, qui me laisseront en mémoire quelques images fortes. Je me souviens de l'émotion que j'ai ressentie lorsque, après le premier décollage, je suis sorti du nuage pour me retrouver dans le soleil, avec la majestueuse falaise de Saint Hilaire à mes cotés. Je me souviens de ce tableau magnifique que formait Christian lorsqu'il volait à coté de moi, à quelques mètres de la cascade.
Je me souviens d'Etienne qui engageait les 3-6, à ma hauteur, dans les derniers rayons du soleil qui éclairaient sa voile et les contreforts de Belledonne en arrière-plan. Je n'avais pas d'appareil photo pour immortaliser ces instants, mais ils resteront très longtemps gravés dans ma mémoire!
La journée suivante est malheureusement la dernière de ce week-end formidable. La fatigue se fait sentir; pourtant l'ambiance et la motivation restent intactes. Aujourd'hui, c'est sur Marlens que nous mettons le cap. Nous atteignons le décollage sous le soleil. Il n'est que 10h30 mais la convection est déjà bien active et les cumulus développent à vue d'œil. Les conditions s'annoncent fortes. Seuls les plus aguerris voleront, en évitant le relief et en gardant un œil sur le "gros gris" qui nous menace de l'autre coté de la vallée! Lorsque tout le monde est posé, le ciel est chargé et menaçant. De toute façon, il est temps pour moi de prendre la route pour rentrer à la maison. A regret, je prends congé du groupe. Ce week-end est passé si vite, beaucoup trop vite! L'ambiance était formidable, la météo, qui s'annonçait tellement mauvaise, nous a finalement accordé quatre belles journées de vol. Merci à Michael, qui a organisé ce week-end; merci à Guy et Catherine, qui sans en avoir l'air ne cessent de veiller sur nous; merci à tous les photographes qui ont immortalisé ce formidable week-end*; merci a tous les participants pour leur bonne humeur et pour cette ambiance formidable qui me fait réaliser à quel point j'ai de la chance d'être parapentiste à Grand Vol!
Me voici reparti. Plusieurs heures de routes et autant de centaines de kilomètres m'attendent avant d'arriver à la maison. Je suis sur l'autoroute, tout à mes souvenirs de ce merveilleux week-end, lorsque je passe devant Montlambert. Je lève les yeux et vois... des ailes en l'air. Le temps est superbe, quelques cumulus trahissent une généreuse convection. En quelques secondes ma raison cède : envolée la bonne résolution de ne pas rentrer trop tard à la maison! Je quitte l'autoroute à la première sortie! Mais ça, c'est déjà une autre histoire... Guillaume |