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L'EFFET DE FOEHN

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[La turbulence] [Le gradient de vent] [L'ascendance de pente] [Les quatre transferts d'énergie] [L'effet de Foëhn] [Le déclenchement thermique] [Stabilité et instabilité] [Le cumulus] [Les brises]

 

L'effet de foehn, du nom valaisan des vents de ce type, est une situation météorologique intimement liée aux transferts d'énergie dont nous venons de parler, combinés aux effets dynamiques du vent sur le relief. Pour qu'il y ait effet de foehn, il faut : un relief et du vent météo.

Pour bien le comprendre, il nous faudra d'abord parler du :

Gradient de température adiabatique sec :

Les savants français Gay-Lussac et Charles ont démontré que, pour un gaz parfait, à volume constant, la température est directement liée à la pression. L'air atmosphérique non saturé correspond assez bien à un gaz parfait, ce qui fait qu'il subit une décroissance de température proportionnelle à la décroissance de pression, donc d'altitude dans l'atmosphère terrestre. Aux altitudes qui nous intéressent, dans la basse couche, la décroissance de température appelée gradient adiabatique sec (sans vapeur d’eau) est très proche de - 1°C (pour une montée en altitude de 100m).

Gradient de température de l'air saturé :

Lorsque l'air est saturé la condensation dégage de la chaleur et réchauffe le milieu. La décroissance de le température sera inférieure à la décroissance en milieu sec pour se situer généralement entre 0,5 et 0,8°C en fonction de l’humidité avec une moyenne de: - 0,6°C (pour une montée en altitude de 100m).

L'effet de foehn :

Etudions à présent ce qui se passe lorsqu'un vent rencontre une barrière montagneuse, disons de 1000m de dénivelée, qu'il lui est impossible de contourner. Si la température de l'air est de 15°C à la base et que nous avons affaire à de l'air sec, celle-ci va décroître en suivant le gradient adiabatique sec à la montée, passer le sommet de la crête à 5°C donc, puis se réchauffer à la descente pour retrouver ses 15°C à l'altitude initiale.

Petit effet de foehn :

Si, maintenant, nous avons affaire à de l'air humide, toujours à 15°C à la base de la montagne, celui-ci va suivre le gradient adiabatique sec en s'élevant, jusqu'à son niveau de condensation, altitude à laquelle il va rencontrer son point de rosée. Le dégagement de chaleur produit par la condensation va l'amener à suivre alors un gradient humide, disons de 1,5°C par tranche de 100m. Il passera cette fois ci la crête à une température de 7°C, grâce à la formation nuageuse qui s'est produite. En redescendant de l'autre côté, si le niveau de condensation est le même, il retrouvera le gradient adiabatique sec à la même altitude et sera à nouveau à 15°C à son altitude initiale. C'est le petit effet de foehn.

Grand effet de foehn :

Même situation, mais cette fois se produit une précipitation du côté au vent. L'air redescendant sera cette fois plus sec (une partie de son humidité absolue s'est déchargée par la pluie), il retrouvera donc un niveau de condensation et le gradient sec beaucoup plus haut. Le résultat est un réchauffement de l'air de l'autre côté de la montagne, et une accélération du vent car l'air chaud occupe plus de place.

 

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