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LE DECLENCHEMENT THERMIQUE

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[La turbulence] [Le gradient de vent] [L'ascendance de pente] [Les quatre transferts d'énergie] [L'effet de Foëhn] [Le déclenchement thermique] [Stabilité et instabilité] [Le cumulus] [Les brises]

 

Quand on parle de thermiques, les yeux de tout parapentiste normalement constitué se mettent à briller, les oreilles se dressent et commence une longue discussion émaillée d'anecdotes plus ou moins valorisantes pour les pilotes. L'ascendance thermique est en effet un des principaux vecteurs de gain d'altitude pour le parapente, même s'il reste assez mystérieux pour de nombreux pilotes. Pour mieux le comprendre, nous l'étudierons en deux phases : le déclenchement thermique tout d'abord ou comment se forme un "thermique", puis ensuite nous suivrons son ascension en parlant stabilité et instabilité.

Un "thermique", c'est avant tout une zone où l'air est plus chaud que l'ensemble de la masse d'air environnante, ce qui lui permet par différence de densité de s'élever au sein de cette masse d'air. Si nous y plongeons un parapente, celui-ci continuera bien entendu à descendre au sein du thermique, mais si la vitesse ascendante de celui-ci est supérieur au taux de chute affiché, notre heureux parapentiste pourra gaiement s'élever par rapport au sol…

Les thermiques se présentent grossièrement sous deux formes : soit une colonne "à feu continu", soit une bulle dont le passage sera limité dans le temps.

La colonne thermique :

On peut comparer le fonctionnement d'une colonne thermique avec celui d'un bon feu de bois : le feu en brûlant réchauffe l'air à son contact, celui-ci va donc s'élever en étant remplacé par de l'air frais autour du feu, qui va se réchauffer à son tour, etc. Une circulation d'air montant ayant pour base notre feu de bois va s'établir, nous obtenons une ascendance continue et à peu près constante, dont la taille et la force vont dépendre de la taille et de l'intensité du feu de bois.

Au niveau atmosphérique, cela se produit de la même manière, à la différence que le feu de bois va être remplacé par une zone du sol, réchauffée par rayonnement solaire, qui va communiquer sa chaleur à la couche d'air à son contact par conduction, puis s'élever par convection.

Les éléments nécessaires :

  • Un bon ensoleillement, régulier et puissant en arrivant au sol (pas de voile nuageux),
  • une bonne source thermique, capable de restituer à l'air la survolant une bonne partie de sa chaleur,
  • un vent faible, pour permettre à la circulation d'air de trouver son "régime de croisière" toute seule,
  • une bonne alimentation latérale en air de remplacement : pas de bon feu sans un bon tirage...

La bulle thermique :

Malheureusement, souvent, il existe un empêchement à l'établissement de ces colonnes thermiques, vers lesquelles il est si facile de converger avec la certitude de trouver une ascendance régulière dans le temps et dans l'espace (du moins pour une même journée). L'ensoleillement s'interrompt en raison de passages nuageux, la source n'a pas suffisamment de surface pour réchauffer directement tout le volume d'air de remplacement ou le vent est trop fort pour que l'air y stagne assez longtemps ou encore, phénomène souvent négligé par les "chasseurs de thermiques", l'alimentation latérale n'est pas assez bonne (cas de la clairière dans une forêt).

On a alors affaire à un déclenchement thermique pulsant, qui va de temps en temps libérer un certain volume d'air chauffé, une bulle thermique, avant de s'interrompre à nouveau pour "préparer le prochain service". Cette bulle va alors s'élever emportée par le vent, à la manière d'une montgolfière :

La source thermique :

Pour bien les exploiter, il ne suffit pas de savoir que les thermiques montent, ni même de déterminer s'ils sont du type "bulle" ou "colonne", encore faut-il savoir où en trouver ! Un des meilleurs moyens de chasse, à défaut de volatiles en l'air, consiste à recenser les sources capables de provoquer des déclenchements. Celles-ci sont des surfaces capables d'échauffer la couche d'air qui les recouvre à une température plus élevée que la masse d'air environnante. Il faut donc :

  • Une bonne exposition au soleil, perpendiculaire aux rayons : faces sud, été
  • Une bonne réflexion de l'énergie : surfaces claires
  • Une bonne transmission à l'air et non interne : rochers, terre sèche
  • Un contraste par rapport aux surfaces environnantes : rochers/forêt, route/herbe, etc.

Quelques exemples : Une falaise au soleil, un champ de blé entouré d'herbe, une route au milieu des prés, un atterrissage au milieu de bosquets ! Un cas particulier intéressant : la zone restée ensoleillée sous un ciel peuplé de cumulus projetant leur ombre...

 

[La turbulence] [Le gradient de vent] [L'ascendance de pente] [Les quatre transferts d'énergie] [L'effet de Foëhn] [Le déclenchement thermique] [Stabilité et instabilité] [Le cumulus] [Les brises]

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