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LE PARACHUTE DE SECOURS

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Est-ce utile en parapente ?

Actuellement encore, bon nombre de parapentistes se posent cette question et diffèrent l'achat d'un "secours" en y opposant deux arguments principalement :

1°/ Un parapente est lui-même un excellente voilure de parachute, donc inutile d'y rajouter de la complexité.

2°/ Je préfère consacrer le budget correspondant (environ 4500F) à l'achat d'une meilleure voile ou à de l'équipement de vol "utile en permanence" (vario, etc.).

Ces deux arguments sont tous deux complètement faussés par rapport à une réalité :

Un parapente est un excellent parachute : c'est vrai, à condition qu'il soit en état de vol, c'est-à-dire que l'on ne se trouve dans aucun des cas suivants :

  • grosse fermeture suivie d'une cravate empêchant la réouverture de la voile,
  • collision avec un autre aéronef et emmêlage des deux appareils (que celui qui n'est jamais passé à moins de 100m d'un collègue me jette la première pierre...),
  • casse d'une partie du suspentage suite à un décollage scabreux ou à une manoeuvre un peu "appuyée" ou à une réouverture brutale (suspentes fines de 1mm sur toutes les voiles intermédiaires actuelles),
  • oubli de prévol (tsstss...) et ouverture d'un maillon ou casse en cours de vol.

La liste n'est pas exhaustive, et il est vrai qu'il existe un cas de figure où même le parachute peut ne pas apporter de solution : la très forte abattée sans fermeture frontale amenant à une chute dans la voile. Mais pour tous les autres cas cités, on risque de passer un mauvais moment à regretter de ne pas en avoir...

4500F, c'est cher : à combien estimez-vous votre vie ?

La réponse est oui, sauf si vous ne décollez jamais entre le 1er janvier à midi et le 31 décembre 17heures.

Je suis convaincu, quel est le meilleur système disponible ?

Pour la voilure :

Actuellement, trois possibilités : parachute rond, parachute dirigeable, aile de secours.

Si le parachute rond présente le grave inconvénient de n'offrir qu'une possibilité de descente verticale dans la masse d'air (c'est à dire dérive s'il y a du vent), il évite les écueils des deux autres systèmes.

parachute dirigeable : après ouverture, la voile principale constitue une gêne, voire contre l'action d'une voile de secours. Si celle-ci n'est qu'un frein aérodynamique, cela peut se traduire par des balancements ou une arrivée au sol désaxée. Si celle-ci est dirigeable, on peut gaiement envisager par exemple une mise en rotation de l'ensemble...

aile de secours : elle nécessite du temps ou de la vitesse, pour s'ouvrir convenablement. De plus, une fois ouverte, elle ne sera utilisable que seule, ce qui implique une libération préalable ou postérieure de la voile de parapente. Donc, ce système est le meilleur si on est sûr de disposer d'environ 400 mètres de chute avant la nécessité d'ouverture, plus une centaine de mètres pour choisir son atterrissage (en effet, à quoi sert une voilure dirigeable à 20 mètres au-dessus de la forêt ?).

Réponse "1994" (ne désespérons pas pour la suite) : la bonne vieille coupole.

Pour l'extraction :

Trois possibilités : extraction manuelle, à ressort, pyrotechnique (fusée). Contrairement au précédent, dans ce domaine le choix est difficile, car chacun des systèmes présente des avantages et des inconvénients :

  Avantages Inconvénients
Manuel
  • simplicité d'entretien et de repliage
  • coût réduit
  • faible effort d'extraction (pilote stressé)
  • gestuelle complexe (saisir-arracher-choisir une direction, élancer-jeter) donc longue
Ressort
  • entretien réduit
  • extraction rapide
  • gestuelle simple
  • Poids
  • pas de choix de la direction d'extraction
Pyrotechnique
  • puissance (les fusées sont souvent capables de traverser la toile de la voile)
  • extraction directe
  • gestuelle très simple (presque trop...)
  • Encombrement
  • entretien délicat (sensible à l'humidité et manipulation dangereuse)
  • pas de choix de la direction

Dans ce tableau de comparaison, j'ai volontairement omis le prix dans les inconvénients... Comme on peut le constater, chacun des systèmes a ses avantages, à vous de choisir maintenant.

Entretien :

Suivre la notice du fabricant. En règle générale, procéder à une aération et un pliage soigné au minimum tous les 4 à 6 mois, ou si le parachute a pu être mouillé.

Gestion :

Ce n'est pas tout d'être équipé, encore faut-il tenir compte de la présence de cet équipement supplémentaire :

  • dans le soin apporté à l'installation de la voile : le secours ne doit en aucun cas être exposé à la boue, la neige, l'humidité.
  • en incluant dans la visite prévol le contrôle de l'équipement de secours : sécurité bien en place, vérification visuelle du système de mise en oeuvre

Utilisation :

En vous souhaitant de ne jamais en arriver là, voici quelques points clés :

Décision :

Il s'agit d'un système de secours, donc pas forcément infaillible (aucun fabricant ne vous garantira l'absence de dommages), mais par contre son utilisation est irréversible. Il ne faudra donc arriver à la décision d'extraction qu'après analyse et jugement de l'impossibilité de s'en sortir autrement. Il vaudra souvent mieux descendre sous une voile pilotable, même abîmée, que sous un secours rendant tout choix de trajectoire impossible. De même, une fermeture simple, à bonne altitude, est normalement récupérable.

Choix du moment de l'extraction :

Cela peut paraître paradoxal, mais il peut être préférable de retarder le moment de l'extraction, en particulier dans les cas suivants : risque de dérive dans un obstacle dangereux (ligne HT) ou problème survenant à très grande altitude, mais avec une "chute confortable". Le risque est alors de ne pas pouvoir estimer son point de chute ou de subir une longue descente inconfortable, voire une remontée s'il y a une forte ascendance...

Choix de la direction d'extraction :

Afin d'éviter au mieux les interférences du secours et de la voile ou d'accélérer son ouverture (jet vers l'extérieur en cas de rotation, vers l'arrière du mouvement en ligne droite).

Stabilisation de l'ensemble :

On conseille de "faire les B" sur le parapente, pour éviter qu'il ne contre l'action du secours.

Préparation de la réception :

Ne vous attendez pas à un arrondi bien douillet, mais préparez-vous plutôt à rouler dans le sens de la pente (jambes fléchies, muscles détendus).

 

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